cahiersintempestifs
Vers le bas
Vers le bas

Cahiers intempestifs

 

Revue d'art contemporain

les Cahiers intempestifs se sont toujours définis comme un lieu de confrontation, une croisée d’idées et de rencontres. Clin d’œil nietzschéen dans son titre – goût pour l’aphorisme, pensée qui en appelle d’autres, élan du fragment – cette « revue » d’art contemporain, dans la lignée des Minotaure et autres Derrière le miroir, se présente, avant-tout, comme un musée imaginaire. Dans le simple dévoilement des œuvres qui les composent, et en dehors de tout discours critique, les Cahiers intempestifs ont érigé leurs cimaises avec la seule ambition d’autoriser l’œuvre d’art à se penser, sans détour analytique, sous forme de livre. « Turbulence artistique qui tient de la sculpture par leur emboîtage, du livre d’artiste par leurs feuillets, libres de toute reliure, et du bloc de peinture qui s’échappe de ses limites, de ses bords », ils entendent faire leurs les propos de Sol Lewitt « Les livres sont le meilleur médium pour beaucoup d’artistes aujourd’hui ». Si les thèmes et les textes ont toujours été perçus comme des prétextes, cimentant l’édifice, il est à noter qu’au cours de leur cheminement, détricotant les codes du livre de bibliophilie, les Cahiers intempestifs se sont progressivement libérés de la volonté d’associer création picturale et littéraire. Leur dernière livraison s’en est totalement affranchie : un titre donnant une direction, une construction souterraine (confrontation entre artistes engagés et artistes explorateurs pour dire l’effervescence d’une ville où de nouvelles formes d’expression se révèlent) et l’éclat des pages se percutant sans transition aucune. Si dès ses premiers numéros la revue marque son inscription internationale en publiant des artistes reconnus aux États-Unis et dans divers pays européens, elle affirme véritablement sa volonté d’exploration des scènes artistiques étrangères à partir du numéro  24, dédié en partie à l’art contemporain chinois, puis dans les livraisons 25 et 26 qui explorent l’émergence de nouvelles formes d’expression au Royaume-Uni et enfin dans un volume 27, augmenté, qui visite l’effervescence de la création New-Yorkaise.

Fac-similés d'œuvres originales, en feuilles, 56/64 pages sur papier chiffon, boitage en plexiglass, format 23 x 28,5cm

Ont été publiés Miquel Barceló, Lionel Bayol-Thémines, Pierre Buraglio, Sophie Calle, Robert Combas, Marie Denis, Erik Dietman, Tessa Farmer, Ian Hamilton Finlay, Ludger Gerdes, Jochen Gerz, Paul-Armand Gette, Matt Green, Peter Greenaway, Raphaëlle de Groot, Marie-Ange Guilleminot, Susan Hiller, Fabrice Hybert, Katarina Jerinic, Wang Jiuliang, Isaac Julien, Wu Qi, Jean Le Gac, Sol LeWitt, Keiichi Matsuda, Mihael Milunovic, Stuart Mugridge, Guillem Nadal, Paula Naughton, Roman Opalka, Jean-Michel Othoniel, Bernard Pagès, Claudio Parmiggiani, Vettor Pisani, Anne et Patrick Poirier, Sunita Prasad, Swoon, Wu Qi, Sophie Ristelhueber, Sarkis, Ettore Spalletti, Finlay Taylor, Agnès Thurnauer, David Tremlet, Nils-Udo, Claude Viallat, Bernar Venet, Dai Xiang, Carmelo Zagari… entre autres.


Rédaction en chef & Design graphique
: Véronique Gay-Rosier
Suivi de fabrication & diffusion : Sylvie Bruyas

 

[27] Making-do in New York, Katarina Jerinic, SP Weather Station

 

[25] Made in Britain, Stuart Mugridge, Take Cover

 

[26] Made in Britain, Isaac Julien,Ten Thousand Waves

 

• Pas de points d’exclamation ni de secrets pour désigner les Cahiers intempestifs. Ils sont avant tout une turbulence artistique qui tient de la sculpture par leur emballage – plexiglas –, du livre d’artiste par leurs feuillets, libres de toute reliure, et du bloc de peinture qui s’échappe de ses limites, de ses bords. Si pour Mallarmé, le livre est une « expansion totale de la lettre », les Cahiers intempestifs apparaissent, quant à eux, en expansion de tout signe, de toute couleur, de tout mot. Ils provoquent et créent la réflexion en accéléré. Tout saute aux yeux et virevolte. Comme un défilé de haute couture où l’art du détail, l’invention et la fabrication s’entremêlent dans un tournoiement et des pauses qui permettent au regard de déceler la virtuosité d’une œuvre à part entière. Les Cahiers intempestifs se tiennent sur le fil du paradoxe entre la tradition (code du livre bibliophile) et la modernité (éclats de pages, montage de séquences). On s’y promène comme dans un Musée Imaginaire, au milieu de titres qui laissent songeur : « La sérénité ne peut être atteinte que par un esprit désespéré », « La voix qui a manqué, celle qui doit parler » ou « Le dernier Homme », et d’œuvres d’art qui s’exposent sous la forme de livres…
Valentine Oncins, Le dessin et le livre

• Cette revue d’art, qui choisit de montrer des œuvres, avec un respect rare, sur papier velin et sous emboîtage en plexiglass, plutôt que de les commenter, invite ici à découvrir des créations originales, joueuses et séduisantes, « made in Britain », pour reprendre le titre de cette livraison, initiées, appuyées, par le Centre for Fine Print Research de Bristol, qui se consacre notamment au développement du livre d’artiste. La modernité ici sourit. Cahiers intempestifs.
Made in Britain
N°25 & 26 Le Monde diplomatique, juin 2011

• Tout est beauté précieuse (le papier, la typo, la qualité de l’impression, les œuvres et les photos reproduites) dans ce numéro d’une revue normalement consacrée à l’art et à l’esthétique, laissant entendre ici, sous la baguette de Jean-Luc Nancy, une « voix politique » inquiète, après l’élection présidentielle 2002. Contributions de Jean-Christophe Bailly, Philippe Lacoue-Labarthe, Miquel Barcelo, Claudio Parmiggiani, Robert Morris. Cahiers intempestifs.
La Voix politique N°15 Libération, 20 février 2003

 

[23] La musique savante manque à notre désir, Lionel Bayol-Thémines

[21] On paie mal un maître, Marie Denis, Isola (à Yves Klein)

[21] Salviamo la luna, Wu Qi, Heavy Dust

• Ma maison n’est pas une yourte, mais j’ai aussi un autel domestique, et même deux. Et même trois. Les divinités tutélaires qui y trônent n’en sont pas vraiment toutes : certaines sont des clins d’œil, d’autres ne sont que décoratrices. D’autres enfin ne suscitent aucune génuflexion de ma part, mais j’aime les avoir sous les yeux.
Sur le premier de ces autels, un meuble à bouteilles dans le salon, on trouve : un buste de Mao acheté à Shanghai ; une boîte d’allumettes avec le visage d’Egon Schiele, provenant du musée qui lui est consacré à Cesky Krumlov, en Bohème ; une photo de Karl Marx achetée à Trier, dans sa maison natale ; une photo du film Stalker, d’Andreï Tarkovski ; une carte postale achetée à Padoue et représentant Saint Antoine dans une attitude exagérément compassée ; une boîte de pétards grecque, représentant de manière assez incongrue Peter Pan devant l’Acropole ; un ticket d’entrée au Pravy Cirkus Berousek, qui planta son chapiteau dans la petite ville de Tabor du 16 au 19 août 2004 ; la photo un peu floue de Rimbaud en Éthiopie, accoudé à un bastingage ; un pin’s représentant Lénine enfant ; un autre glorifiant la Révolution de 1917 (je m’aperçois que c’est un autel quelque peu thématique), tous deux achetés dans un petit marché entre Irkoutsk et Listvianka ;  un numéro, posé droit, de la revue « Les Cahiers intempestifs », dont la couverture est un beau mur ocre de pierres sèches ;  juste au-dessous, la photo prise par moi dans les Alpes d’un autre mur, très similaire, sur lequel sont gravés les nom et prénom de mon grand-père qui gardait les chèvres à cet endroit ; quatre edelweiss cueillis en Mongolie…
Christian Garcin, Du Baïkal au Gobi

 

Acheter en ligne

 

 

 

Retrouvez toutes les ressources de la maison d'édition sur son blog :