éditions des cahiers intempestifs
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KEEP CALM AND OPEN YOUR LAZY BOX !

 

Virgule d’exclamation, point d’ironie, point exclarrogatif, point d’exclamation culbuté… des dizaines de signes de ponctuation sont tombés en désuétude sans jamais avoir réussi à s’imposer dans l’usage. Au cours de l’histoire de la langue française, parmi les nombreux signes inventés, seuls douze ont été standardisés et massivement diffusés. Les autres, proposés pour compléter la ponctuation, restent dans l’oubli.

Les XVIIe et XVIIIe  siècles, notamment, furent florissants et imaginèrent une ponctuation des plus fantaisistes. Si peu connaissent l’histoire de ces signes refusés, quelques artistes et écrivains se sont toutefois laissé entraîner à des facéties typographiques, inspirées par la poésie de ces respirations non standard : El Lissitzky ponctue Rabelais avec des signes de son invention, Michel Ohl exerce le point d’aisances, Olivier Houdart invente le «point de dépit mêlé de tristesse». Paul Claudel, lui, après Mallarmé, joue de l’art de la pause, avec une espace typographique vierge. Dans le même registre musical, et pour retranscrire intonations, variations de volume et de tempo, Ricardo Güiraldes propose de remplacer les signes de ponctuation par les signes du solfège. Le grammairien Gérard de Vivre avait, d’ailleurs, déjà instauré, au XVIe  siècle, un système typographique de « pauses » graduées, et de didascalies. Le plus connu, parmi ces inconnus, reste le point d’ironie, grâce à Agnès b. qui le remet à l’honneur dans son journal éponyme, et au Canard enchaîné qui y a recours occasionnellement. Dessiné par Alcanter de Brahm à la fin du XIXe  siècle, il est repris dans Plumons l’oiseau (où Hervé Bazin propose également cinq nouveaux signes de ponctuation : les points d’amour, de conviction, d’autorité, d’acclamation, et de doute).

Mais marquer l’ironie, n’est-ce pas un contresens : dès lors qu’elle est indiquée, son effet ne s’annule-t-il pas? L’utilisation d’un tel point alourdit la lecture du texte, tout en privant le lecteur de l’ambiguïté, de l’équivoque, qui constitue le principe même de l’ironie. C’est certainement pourquoi une telle ponctuation n’a jamais réussi à s’imposer. Cependant, malgré sa désuétude, elle connaît, de nos jours, une déclinaison dans le clin d’œil de l’émoticone.

Ce sont en particulier à ces précurseurs des émoticones que sont les signes typographiques émotionnels, et plus largement à la ponctuation non standard, que ce sixième OGNI entend s’intéresser.

La typographie donne à voir le langage, dans ses émotions comme dans ses respirations, et la lazy bOx selon Gutenberg networks entend partir à la découverte intempestive de ces drôles d’indices respiratoires visuels.

 

LA LAZY BOX OU L'ART DE LA PAUSE :

 

: KEEP CALM AND BREATHE NORMALLY

 

 

= 5 cahiers pour penser hors des sentiers battus et écrire à côté des lignes

 

 

 

KEEP CALM AND USE CRAZY PUNCTUATION

= 1 jeu des 7 familles pour bien mettre les points sur les i

 

 

KEEP CALM IT'S ONLY A SOUND BOMB

= 1 mini enceinte pour penser plus fort

 

 

 

KEEP CALM AND MAKE TEA

= 1 sous-marin boule à thé pour simplement infuser

 

 

KEEP CALM AND HIGHLIGHT YOUR LIFE

1 surligneur, 1 stylo…

KEEP COOL IT'S A HOT TOPIC

1 chaufferette …

KEEP CALM AND BOOST YOUR MIND

et quelques autres facéties pour rester calme et penser outside the lazy bOx

 

« Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes. » Proverbe Shadok

 

KEEP CALM AND BE INTEMPESTIF!

Lazy bOx selon gutenberg networks by cahiers intempestifs

Jacques Claude
Direction de la publication

Véronique Gay-Rosier
Conception & design

Sylvie Bruyas
Suivi de fabrication & logistique

ISBN 978-2-911698-73-6 © éditions des cahiers intempestifs, 2015